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Les Costumes

Parler du costume populaire traditionnel de Provence est une affaire des plus délicates car il faut tenir compte des variantes locales, montagnardes ou maritimes...S'habiller de vieilleries retrouvées dans une malle poussièreuse ou achetées à la brocante ne sont pas un gage d'authenticité, même si elle sont une preuve d'ancienneté.

• 14 février 2011 - Par Alan Salvat

Présentation
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Je traiterai ici et de manière succinte pour donner une information générale au néophyte, des ouvrages spécialisés existant, beaucoup plus détaillés avec, en plus, des patrons pour reproduire les "vesti". Les costumes que je vais décrire succintement (les variantes sont nombreuses car ce n'est pas un uniforme) sont les costumes portés par les anciens au cours du 19e siècle, ces costumes représentent diverses classes sociales tant chez les hommes que chez les femmes.

On peut consulter avec profit les ouvrages suivants plus complets (avec patrons pour la réalisation):

"Le costume populaire provençal"
Rode de basso Prouvenço
Musée de arts et traditions populaires de moyenne Provence édité par EDISUD (la documentation de cette page est tirée de cet ouvrage)

"Lou vesti prouvençau"
de Simone et Estelle Nougiers auteurs-éditeurs.
Représente plus particulièrement la région rhodanienne et de Haute-Provence.

Le costume masculin
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Le bastidan (Maître de bastide, bourgeois) 2e moitié du 19e siècle
Fier de sa situation et de son aisance matérielle parfois toute relative, le bastidan porte un pantalon (lei braio) de frustane (grosse toile de coton épaisse) gris finement rayé de noir et de blanc.Il peut aussi porter un pantalon de gros drap ou de lainage, uni de ton sombre, Il enfile une chemise de grosse toile blanche à col relevé, le boutonnage, jusqu'à mi-poitrine était rare, les boutons coûtaient chers, aussi souvent la chemise (la camiso) était fermée par des petits cordons, idem aux poignets, il pouvait tenir son pantalon par des grosses bretelles écrues mais dans tous les cas il portait autour de la taille, une ceinture de flanelle rouge ou grise, parfois brune ou bleue plusieurs tours étaient nécessaires pour enrouler cette "taiolo" de 3 mètres.
Les bas étaient de laine grise ou blanche, les chaussures noires, parfois, des bottines.
En guise de cravatte, on portait un ruban de soie ou de velours noir le plus souvent, noué autour du cou, "la raiolo" parfois un carré de tissus foncé, plié et posé en son milieu sur la pomme d'adam, était passé, un tour derrière le cou puis noué sur le devant assurant une cravatte plus fournie.
Le Bastidan aimait porter un gilet sans manche, en soie ou pane de velour à petites fleurs, à petits boutons, avec poches gousset pour porter la montre "oignon" avec sa chaîne en or ou en argent, seul bijou de l'homme mais précieux car transmis souvent par les ascendants.
Enfin, cet homme enfilait une veste de velour noir à bordure de satin. Il se coiffait d'un chapeau de feutre noir, avec une bordure légèrement plus large que la moyenne. Puis Fédéric Mistral fit bien connaître cette veste et ce "capèu" qui assurent cette silhouette particulière du Provençal. En été il portait un pantalon blanc, les plus anciens sont à " pont", un chapeau genre canotier, pas de veste.

L'artisan
C'est un ouvrier aisé, propriétaire de son bien, sa tenue reflète un peu de son bien-aise. Je dirai en simplifiant que l'artisant portait le costume de velours côtelé, en général brun. Parfois une culotte de gros drap et une veste en velour genre "spencer" (coupo quièu). La chemise blance était nouée par un lacet ou cordon en guise de raiolo et sous la veste, un gilet de velour rustique, à petites fleurs ou motifs. La taiolo (ceinture de flanelle se justifiait plus que jamais pour tenir au chaud les reins de ce travailleur. La coiffe était le feutre à bords larges, noir gris ou brun. Souliers noirs.

Le paysan
Ses moyens ne sont pas gros et il ne fait pas des effets d'élégance, les vêtements sont sutout pratiques et de gros drap.
Chemise blanche ou bise dans un pantalon de frustane ou de velour, de grosse laine, la taiolo autour des reins pour bien les protéger... Pas de raiolo mais un mouchoir uni ou carrelé parfois de couleur autour du cou pour arrêter l'écoulement de la sueur. Gros souliers ou sabots ou galoches. L'été le pantalon est blanc en grosse toile, le chapeau est souvent en paille. Il ne porte pas de gilet.
Une variante de paysan courante dans notre région, le berger ou pastre: Camisole bise, pantalon de velour ou de ratine, Chapeau informe, grande cape enveloppante avec capuche, portant godillots ou sabots. Une besace ou carnier de toile ou de cuir complète parfois le tout. Il peut porter sur le mollet des guêtres de peau ou des housseaux de grosse toile entourant le bas de la jambe et noué avec un cordonnet pour protéger des lacérations des épineux et des morsures de serpent.

Le costume féminin
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La bastidane
Elle est de classe aisée, son époux," ménager", est propriétaire et fait vivre la maisonnée du produit de ses champs.
Femme de bonnes moeurs, elle s'occupe de son intérieur et si elle aide parfois à la campagne ce ne sera que pour des tâches légères ou de surveillance, elle commande aux autres femmes, aux paysans, domestiques et journaliers. Elle a la haute main sur le ménage, le linge, la basse-cour, la cuisine et la magnanerie (culture du ver à soie)
Elle est riche, élégante et s'occupe de bonnes oeuvres.
En semaine elle porte une robe d'indienne ou un cotillon piqué sur une chemise de coton ou de lin brodé. De plus elle met un caraco court ou à basques. Son fichu souvent blanc, peut être imprimé. Son tablier est accord avec son costume. Sa coiffe est brodée et parfois elle porte un chapeau de aille ou de feutre.
La plupart du temps c'est la qualité des étoffes qui la distingue de l'artisane.
Pour aller à la messe, son cotillon est piqué, blanc ou imprimé sous une robe de soie.

L'artisane
Son mari est souvent propriétaire de son bien, elle est donc de classe aisée. Elle tient souvent boutique.
Elle porte une robe d'indienne pour recevoir sa clientèle, par dessus une chemise de toile. Son tablier est en coton. Elle porte un fichu blanc ou imprimé simple porté en tiangle et croisé sur la poitrine. Sa coiffe à "courduro"est brodée et tuyautée. Parfois elle porte un chapeau de paille ou de feutre. Le dimanche pour aller à la messe elle s'arrange un peu plus et porte un cotillon piqué et un caraco de soie. Le fichu blanc est brodé, son tablier est plus riche en indienne, et sur ses cheveux, une coiffe à "gauto" bordée de dentelle tuyautée. Au 19e siècle, c'était à la sortie de la messe que l'on montrait son rang social et ses tenues de ville.

La paysanne
Elle est pauvre et ne cherche pas le luxe. Ele travaille durement et ses vêtements sont taillés dans du drap solide et grossier (chanvre, lin ou coton) Elle file elle-même et apporte son fil au tisserand qui réalisera pour elle, la toile des vêtements. Sa garde robe est peu fournie mais elle n'exclu pas une certaine élégance dans la tenue de travail: une jupe de coton rayée, bleu ou rouge...et blanc. Elle porte une chemise de toile tissée main (denuit comme de jour) un corselet et un caraco, elle pose sur ses épaules un fichu de coton imprimé. Sur sa jupe elle met un tablier de coton uni ou à fleurs, elle porte sur ses cheveux, une coiffe simple.
L'été, pour les traveaux des champs, elle porte un grand chapeu de paille, la capeline(noire pour les femmes, naturel pour les jeunes filles)
Le dimanche pour aller à la messe elle met parfois une robe d'indienne. Elle porte de gros bas de coton et un "pantalon" fendu.

Les bijoux
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De tous temps ils ont existés.

Pour les hommes, ils se limitaient à la montre de gousset en or ou en argent avec sa chaine parfois agrémentée de médailles ou pendeloque. Certains possédaient une tabatière en métal précieux.
L'avènement du félibrige a vu les hommes porter ses emblèmes, la pervenche d'argent portée par tous les félibres, la cigale d'argent portée par les "Mestre d'obro"et les "Mestre en gai sabé", la cigale d'or portée par les "Majourau" et l'étoile d'or à 7 branhes portée par le Capoulié

La coulano : d'abord simple ruban de velour, elle s'est vite agrémenté d'une croix en or, celle-ci, signe de richesse s'est souvent complété de chatons en or ou en argent sur lesquels étaient sertis des diamants. Les protestantes ne portaient pas de croix mais une colombe représentant le Saint-Esprit. Certaines préféraient un pendentif simple, camée ou simple médaille pour les plus pauvres.

Lei pendant : De tous temps les femmes ont porté des boucles ou anneaux d'oreilles. Dès l'age de 4 ou 5 ans on faisait percer les oreilles des fillettes, celà levait les "humeurs" disait-on, c'est-à-dire que ça faisait sortir les impureté du corps (fièvres, boutons, pus...) et celà guérissait aussi de bien des maux...Comme on le voit on connaissait les rudiments de l'accupuncture.
Les pendeloques étaient de forme longue. On ne portait pas vers Grasse et le Var, de corail !??.. Les perles étaient pratiquement inconnues en Provence.

Le clavier : remis à la femme mariée le jour de son mariage, c'est une chaine à un ou deux rangs en argent ou simplement en fer chez les pauvres. tnue à la ceinture par une agraphe en U. L'époux donnait à sa femme la clé de la maison qu'elle supendait au clavier, celà signifiait qu'elle était désormais maitresse chez elle. Elle y suspendait aussi les ciseaux à broder.

La broche : elle était souvent assortie aux pendants, indispensable elle assurait la fermeture du cosage et le maintient des pointes du fichu.

Peu ou pas de bagues ni de bracelets dans notre région grassoise. Certaines agrafes de manteaux sont parvenues jusqu'à nous, ainsi que des boucles de chaussures. Beaucoup de choses restent à découvrir...

Costumes
Photo 4 tirée du livre sur les costumes du Rode
Photos 1,2,3,5, 6 A. Salvat

© 2002 - En Provence au Pays de Grasse.