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les origines de Noël

Les origines de cette fête familiale et chrétienne remontent à l'antiquité. Venez découvrir comment les religieux ont récupéré les fetes paiennes.

• 03 décembre 2008 - Par Alan Salvat d'après Marie-Christine BRAJARD

Noël, fÊte païenne ?
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Noël était certainement une ancienne fête païenne : Dès que l'homme commença à cultiver la terre, il observa la trajectoire du soleil tout au long de l'année, car c'était de lui que dépendait la nourriture, la chaleur et le bien-être. Le cours des saisons déterminait aussi le moment des fêtes. Depuis les temps les plus reculés, les rites de sacrifices étaient célébrés dès que le soleil atteignait les points significatifs de son orbite, c'est à dire aux solstices d'été et d'hiver, en remerciement au dieu. Ce fut au solstice d'hiver, la période de l'année où les journées commencent enfin à être plus longues, que l'on accorda le plus d'importance. Bien avant l'époque romaine, on fêtait en Europe la renaissance tant attendue de la nature et l'espérance de vie nouvelle. Mais en revanche on ne sait rien de précis sur les cérémonies qui se déroulaient à cette époque. Il est probable que le feu et la lumière, en tant que symboles, jouaient un rôle important.

Les saturnales : Les romains invoquaient Saturne, dieu des semailles et de l'agriculture, dont le nom vient du verbe latin severe (semer). Sa fête, les saturnales, donnait lieu à des réjouissances du 17 au 24 décembre.
On disait qu'elles s'étendaient jusqu'aux calendes de janvier, le jour de l'An romain. Les calendes désignaient, chez les Romains, le premier de chaque mois. Les orientaux rendaient un culte à Mithra, divinité de la lumière.
Rome confrontée au culte de Mithra : Malgré l'influence croissante de l'église et de ses disciples, les rites liturgiques chrétiens ne parvenaient pas à s'imposer face aux festivités païennes des Saturnales. Cette fête pleine d'entrain entrava longtemps la propagation du christianisme. Mais la chrétienté fut également menacée par un autre culte fortement implanté dans l'Empire romain : le culte de Mithra. Dans l'ancienne religion perse, Mithra était le dieu de la lumière, le symbole de la chasteté et de la pureté et il combattait les forces maléfiques. Au IIe et IIIe siècles av. J. C., son culte fut répandu dans tout l'Empire romain. Les soldats romains, dont bon nombre vénéraient Mithra, répandirent ce culte jusque dans les provinces les plus éloignées de l'Empire.
Au IVe siècle, l'Église chrétienne prit une mesure très astucieuse. La fête de la naissance du Christ fut avancée du 6 janvier au 25 décembre. En effet le solstice d'hiver du 25 décembre était la fête la plus importante de l'an dans ce culte ancien : on fêtait la renaissance du "sol invinctus" (soleil invaincu). L' Église en déclarant le Christ « sol invinctus » avait pour objectif de faciliter le passage de l’ancienne religion à la foi chrétienne. La plupart des chrétiens furent vite persuadés que la date de la naissance du Christ était le 25 décembre. Les ecclésiastiques s'accommodèrent globalement de l'esprit des saturnales. Même si ces fêtes exubérantes choquaient un peu les moeurs chrétiennes, il ne fut pourtant pas impossible de concilier les deux rites. Il ne fut pas difficile, de créer un lien entre le houx aux feuilles piquantes et la couronne d'épines du Christ. Le culte de Mithra se faisait dans des grottes et on exposait un enfant nu dans son berceau de paille disposée en rayons de soleil (étrange ressemblance avec l'enfant-Dieu nouveau-né dans sa litière!!!)
Les traditions païennes : Au VIe siècle, le pape Grégoire tempêtait contre les fêtes païennes, et se prononçait en faveur d'une fête qu’il aurait souhaité sublime et non laïque. En Europe, l'Église se montrât longtemps très réticente à intégrer les traditions du Solstice d'hiver dans la fête de Noël et c'est ainsi que les coutumes de Noël devinrent de plus en plus variées. Au VIe siècle, le pape Grégoire envoya Augustin sur les îles britanniques pour évangéliser la population anglo-saxonne et d'intégrer les cérémonies chrétiennes dans la tradition des païens afin que les mutations ne les effraient pas trop.

Une fête en famille
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Une fête familiale : Avec la propagation du christianisme, la fête de Noël commença aussi à jouer un rôle de plus en plus important dans la vie politique des peuples européens. L'administration romaine périclita et la communication entre les souverains se fit de plus en plus rare. Noël, devint l'une des rares occasions pour les princes de se rencontrer. Dans l'Europe entière, les rois chrétiens se faisaient couronner ce jour là, tel Charlemagne, Roi des Francs, qui fut nommé Empereur du Saint Empire romain, par le pape, le jour de Noël de l'an 800. On se réunissait pour d'immenses festivités, on se retrouvait autour d'immenses tablées, autour desquelles on mangeait et on buvait souvent en excès, on dansait et on jouait. Les jeux de cartes étaient particulièrement à la mode. En Angleterre cette pratique n'était autorisée que durant la période de Noël.
Les pièces de théâtres et les représentations scéniques étaient très appréciées sous nos latitudes. Leur contenu, symbolique, puisait souvent dans les traditions et les rites païens. Au lieu d'interdire formellement ces pratiques, l'Église tenta de leur opposer des pièces et tableaux vivants qui avaient pour thème principal la naissance du Sauveur selon les Évangiles de Matthieu et de Luc. Les crèches vivantes que nous connaissons aujourd'hui en sont vraisemblablement issues, de même que les pastorales jouées en Provence au mois de Janvier. Elles étaient surtout répandues, à l'époque, dans les régions alpines. Les santons de Provence bien que découlant des crèches vivantes de Saint-François-d’Assise et des « santibelli » napolitains, sont directement issus de cette tradition et apparurent au XVIIIe siècle, favorisant, en France tout d'abord, la diffusion des crèches domestiques. Les provençaux substituèrent très vite à la disparition des crèches d’église sous la Révolution (voir plus loin) des petits personnages naïfs façonnés avec de la mie de pain séchée, puis peints à l'huile et vernissés. En Écosse les presbytériens interdirent dès 1583 les fêtes de Noël. Les puritains anglais imposèrent leur point de vue et on était obligé de travailler le jour de Noël . Mais certains continuèrent à fêter Noël en famille dans l’intimité du foyer. L’interdiction finit par être levée. Ceci avait permis de fêter Noël en famille et l’on retrouve la manière actuelle de célébrer cette tradition. Même dans les pays catholiques comme l'Italie et la France, où les influences anglaises étaient faibles, Noël était devenu une fête de recueillement en famille. Au XVIIIe et XIXe siècle, la tradition qui consiste à échanger des cadeaux à Noël ou des étrennes au jour de l'An commença à se diffuser. Ce sont des représentations symboliques des présents que les Roi Mages apportèrent à Jésus. Avant Jésus Christ, chaque foyer offrait des sacrifices aux dieux pour la fête du solstice d'hiver, afin que ceux-ci protègent la maison des mauvais esprits et qu'ils veillent sur la fertilité des champs. La fête de Noël en Provence, est fêtée du 1er jour de l'avent au jour de la chandeleur, du blé mis à germer jusqu’aux relevailles de Marie.
Voir en détail dans l'almanach des traditions : le mois de Décembre.


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