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A la Une | Almanach des TRADITIONS | Mars

Mars

Le mois de mars c'est le printemps, le renouveau, le mois de Saint Joseph. Quelques amusettes et la tradition de l'autel de saint joseph plus quelques curiosités autour de carnaval....

• 01 décembre 2012 - Par Alan Salvat

Les dictons
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"Siéu l'aspre mes de mars, pas plus tard fau coumença de laboura, rebrounda l'oulivié davans ploure, e pouda lei plantié."
"Je suis l'âpre mois de mars, pas plus tard faut labourer, avant la pluie émonder l'olivier, et tailler la nouvelle vigne."


"Lei grassenc an la reputacioun d'estre un pau grinchou, mai dei grassenc li en a plus, soun toutei mouort de fam !"
"Les grassois ont la réputation d'être un peu avares, mais il n'y a plus de grassois : ils sont tous mort de faim !"

Tradition de Carnaval
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Les bombances de Carnaval, avec les aliments flatulents qu'on y introduisait, assuraient le contrôle des souffles naturels, souffles à l'image des âmes errantes des morts qui rôdaient dans les vents en cette période de l'année. C'est donc à l'intérieur de ce mécanisme symbolique qu'on doit situer la danse des soufflets (bouffets) qu'on exécutait jadis en Provence. Voici ce qu'en disaient les joyeux danseurs dans un de leurs couplets : " Se, pèr hasard, lou bouffet pou vous plaire - Poudes approucha de tout caire - Poudes veni souvent - Vous dounaren de vent - Plus dous que lou mistrau - Que fai serra lou trauc ! (Si par hasard, le soufflet peut vous plaire - Vous pouvez approcher de tous côtés - Vous pouvez venir souvent - Nous vous donnerons du vent, Plus doux que le mistral - Qui fait fendre les troncs d'arbre !) Chaque danseur soufflant avec un gros soufflet plein de farine au derrière de celui qui le précédait libérait les âmes des morts qu'il portait en lui ; tel est le symbolisme de la danse des soufflets !
Grasse retrouve l'ambiance du Carnaval d'autrefois, pas de gigantisme, pas de mercantilisme, juste de la joie, de la dérision de l'ambiance "bon enfant". Travestis traditionnels seulement. Pas de zorro, fées, etc du commerce, mais des sorcières vêtues de haillons,des arlequins, polichinelles, pétassou(personnage vêtu de morceau de chiffons), ivrognes, juges, bourreaux pour respecter la tradition provençale.


Autrefois, point de confettis, mais de la farine. Pendant la période de Carnaval les tabous, les hiérarchies sont transgressées, les ordres confondus...C'est le règlement de compte collectif qui oppose été et hiver, gras et maigre, riche et pauvre, marié et non marié. C'est l'exorcisme contre les intempéries, les maladies et les catastrophes.
Il ne fera pas bon être vêtu de noir ce jour là, la farine sera soufflée à tous les vents...et c'est le temps des ganses et oreillettes, légère gourmandise de tradition (recette au bas de la page de février)
Le Carnaval se déroule dans la vieille ville et sur les places de la ville ancienne : rue droite, rue amiral de Grasse, place de la Foux, Bd du Jeu de Ballon. pui en fin d'aprés-midi Carnaval sera accusé de tous les maux du monde, jugé par son peuple et condamné. Un adieu lui sera fait dans la folie des farandoles et il sera brûlé. Animé par lei Baïsso luserno du Plan de Grasse

Prendre pied sur l'autel de Saint Joseph
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A Grasse, l'enfant devait prendre pied à l'autel de Saint-Joseph. Le jour de la fête de la saint Joseph (le 19 mars) qui suivait sa naissance, on le portait à l'église vêtu d'une longue robe blanche, et il devait faire ses premiers pas sur l'autel de saint Joseph. Cette cérémonie était symbolique du passage de l'état de nourrisson à l'état de garçonnet ou de fillette.
Il était aussi très important de faire bénir les enfants à la grande messe de 11 heures les jours de pèlerinage à Notre-Dame de Valcluse. On appelait cette cérémonie "lou baio pastéco".

Les dialectes provençaux
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Beaucoup de gens d'ici, croient que nous parlons le patois ou alors pas le vrai Provençal. Ils se trompent, il y a quatre dialectes provençaux : le rhodanien, le maritime, le nissart et le gavot. Ici, nous parlons le maritime.                                    Il ne faut pas oublier que j'usqu'en 1860 Grasse était dans le Var, le fleuve servant de frontière entre le comté de Nice et la France. Bien sûr, d'un village à l'autre, des mots sont différents, mais la grammaire est la même, comme dans tous les pays de langue d'Oc, qui couvre la moitié de la France.

Répartition des dialectes provençaux :

Le Gavot : la plupart des régions de montagne, quelques vallées italiennes.
Le Rhodanien : le long du Rhône et la Camargue.
Le Maritime : De Marseille au fleuve Var. Au Nord, jusque vers Castellane.
Le Nissart : le comté de Nice, du fleuve Var à Menton.
 

La recette
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Le vin d'orange

Pour 5 litres de vin rosé de Provence 12°:
4 oranges amères
2 oranges douces
2 bâtons de vanille
2 bâtons de canelle
1 Kg de sucre en poudre
1/2 litre d'eau de vie

Couper les oranges en gros quartiers avec leur peau. Mettre à macérer dans le vin et l'eau de vie pendant 40 jours dans un récipient genre bombone à col large. Remuer le tout de temps en temps. Au 30e jour faire bouillir une partie du mélange et y dissoudre le sucre en poudre. Laisser refroidir et reverser avec le reste pour le reste de temps (10 j). Filter et mettre en bouteille.
Régalez-vous !

la danse des bouffets

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